Angèle Marcoux-Prévost

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Angèle Marcoux-Prévost

Il faut bien faire ce qu'on a à faire, mais il ne faut pas trop se prendre au sérieux.

Angèle Marcoux-Prévost

Je partage avec mes petits-enfants pour qu'ils profitent de ce que j'ai vécu. Ce que je n'ai pas fait avec mes enfants quand ils avaient leur âge.

À la recherche du plaisir

Angèle Marcoux-Prévost n’est pas une féministe pure et dure. La vie est drôle parfois. Elle a fait d’elle une pionnière dans le monde des journaux régionaux ainsi que la maman de trois filles, qui à leur tour ont eu sept filles. Maintenant à la retraite, sa mission est d’être présente et de transmettre son apprentissage et ses leçons de vie à cette lignée de femmes.

Même si quatre années ont passé depuis son retrait du monde du travail, Angèle Marcoux-Prévost fonctionne encore par objectif. Des listes pour la journée, la semaine et voire l’année. Courir, lire un livre, aller au cinéma, assister à un spectacle de Céline Dion, souper avec des amies… La femme d’affaires organisée est encore bien ancrée en elle, même si elle a tout son temps et qu’elle en profite au maximum.

Source de plaisir

L’un de ses plus grands plaisirs est d’être présente pour ses petites-filles. Une manière de se racheter pour son absence auprès de ses filles lorsqu’elle a lancé le journal Première Édition en 1986, il y a 30 ans. La plus âgée, Marie-Chantal avait 17 ans, Marie-Andrée, 13 ans, et la plus jeune, Patricia, avait 11 ans. À l’époque, son conjoint Gaëtan Prévost était directeur général de la Ville de Saint-Lazare, alors qu’elle était l’une des rares femmes d’affaires de son époque. Pendant environ 15 ans, elle a été la seule femme à siéger sur le conseil d’administration d’Hebdos Québec.

« On avait des agendas très chargés. Je travaillais tard le soir. Nous étions seulement sept employés au début au journal. C’est sûr que lorsque les deux travaillent, il y a des choses qu’on ne fait pas. Il y a des choses que j’ai manquée avec mes enfants. À un moment donné, je n’étais plus beaucoup dans la vie de mes enfants, parce qu’eux avaient comblé le vide avec d’autres. Je me suis dit, quand je vais avoir mes petits-enfants, je vais me reprendre », raconte avec émotion Angèle Marcoux-Prévost, ajoutant que c’est difficile pour les femmes d’élever des enfants et de travailler en même temps. Malgré tout, elle n’a pas de regret, car des regrets, ça ne mène nulle part.

« Il faut bien faire ce qu’on a à faire, mais il ne faut pas trop se prendre au sérieux. »

Fière de ses racines

Même si elle partage la vie de Gaëtan Prévost depuis 48 ans, elle tient mordicus à porter le nom de famille Marcoux-Prévost. Cela n’est pas une revendication féministe. C’est davantage parce que les racines sont importantes pour elle. Comme celles des nombreux arbres qui embellissent son terrain, dont plusieurs ont une histoire. Son marronnier vient d’un marron de l’arbre de son père, qui lui-même venait d’un rejeton de l’arbre du grand-père Marcoux, en Beauce.

« Mes parents ont fait que je suis comme je suis. Je les remercie. Marcoux c’est mon identité première, mais en même temps Prévost, c’est le nom de Gaëtan. On a grandi ensemble, donc ça fait aussi partie de mon identité. Gaëtan c’est mon âme sœur. Je l’ai connu à 16 ans. Depuis que je le connais, il me fait confiance. Ça m’a aidée à prendre ma place. Il a fait partie de mon épanouissement », révèle Angèle Marcoux-Prévost. Maintenant qu’ils sont à la retraite, ils peuvent enfin avoir du temps ensemble. Ils aiment beaucoup la nature de leur résidence principale à Saint-Lazare avec ses arbres, ses fleurs, son potager et ses oiseaux.

« Il y a des choses qui se sont passées dans ma vie avec lesquelles je n’étais pas bien, mais j’étais trop occupée. Ce dont on ne s’occupe pas tout de suite ça fait boule de neige. »

La relève familiale

Bien entendu, la retraitée est heureuse de voir sa fille, Patricia s’engager dans l’entreprise familiale et sa fille, Marie-Andrée en assumer la direction générale. Cependant, le plus important pour elle, ce n’est pas ça. La priorité dans la vie, c’est de faire ce qu’on aime. C’est un clou qu’elle ne cessera pas de marteler de sitôt. Elle le répète régulièrement à ses filles et à ses petites-filles. Elle a travaillé dans les milieux bancaire et publicitaire ainsi qu’au service à la clientèle. Elle a aussi songé à devenir psychologue, pendant un certain temps. C’était avant de lancer son journal, car en fin de compte, c’est aux Hebdos du Suroît qu’elle a été la plus heureuse.

« J’ai fait ce que j’aimais vraiment. Je le dis à mes petites-filles. Quand tu aimes ce que tu fais, ce n’est pas du travail, c’est une passion. Quand c’est une passion, tu ne vois pas le temps passer. Il faut aussi apprendre à dire non. On ne peut pas faire plaisir à tout le monde. On a chacun notre vie à vivre. La première personne de qui l’on est responsable c’est soi-même », avance Angèle Marcoux-Prévost, avouant avoir tardé à prendre ses couleurs, elle qui était l’aînée d’une famille nombreuse de 13 enfants.

Partager sa richesse

Elle vient d’une famille très pauvre. Tellement pauvre qu’une fois, elle a fait sa rentrée scolaire, avec de vieux souliers de sa mère, troués et beaucoup trop grands pour elle. Le lancement du journal a aussi été un moment plus serré dans les finances du couple Marcoux-Prévost, alors qu’il a pris une deuxième hypothèque sur la maison, afin de lancer le projet de la jeune femme d’affaires, qui à 37 ans avait la vision de faire différent dans le domaine des communications.

« Je partage avec mes petits-enfants pour qu’ils profitent de ce que j’ai vécu. Ce que je n’ai pas fait avec mes enfants quand ils avaient leur âge. »

« Je me souviens avoir été rencontrer le banquier pour du financement et que le directeur de la banque m’a dit “pas de problème, mais il va falloir que votre mari signe”. J’ai dit non ça ne se peut pas, mais mon projet était plus important que de me battre. De toute manière, Gaëtan m’appuyait dans mon projet », se souvient Angèle Marcoux-Prévost, qui lorsque les finances ont été meilleures a toujours voulu en faire profiter ses enfants et petits-enfants.

Le couple Marcoux-Prévost a aussi acheté une résidence secondaire en République Dominicaine, il y a 19 ans, où il se retire environ six mois par année pour décrocher encore plus, puisqu’ils ont choisi de ne pas installer de télévision et de radio. L’Internet leur permet quand même de rester connectés à leur famille, aux amis et à ce qui se passe au Québec.

Angèle Marcoux-Prévost n’est pas une voisineuse comme elle dit. Elle possède cinq bonnes amies de longue date, Linda Gallant, Lorraine Léger-Thibault, Martine Vossaert, Louise Beaulieu et Liliane Thomas, qu’elle voit de temps en temps et avec qui elle peut être totalement elle-même et partager sur les leçons de la vie.

Une leçon difficile

Dans toutes les expériences que l’on vit, il y a des choses à apprendre, affirme Angèle Marcoux-Prévost. À 67 ans, elle continue d’essayer de mieux comprendre la vie. Quand elle se prélasse avec un livre à la main c’est pour enrichir ses connaissances, comme avec La biologie des croyances. Elle a aussi appris l’importance de dire merci et le lâcher-prise. Cette leçon, elle l’a particulièrement reçue quand sa deuxième fille, Marie-Andrée, a eu un accident de vélo, en mai 2015.

« J’étais super inquiète. Je ne lui ai pas dit, mais mon mental s’activait avec toutes sortes de scénarios. C’était le jour de la fête des Mères. Je me suis dit, il faut faire confiance à la vie. Elle a été chanceuse. Je n’ai pas été très présente à ses côtés au quotidien dans sa rémission, car elle avait besoin de se retirer. Elle savait que j’étais là si elle avait besoin de moi. Chacun à sa vie personnelle et parfois il faut lâcher prise. C’est là que je l’ai particulièrement mis en application. J’étais beaucoup disponible pour ses filles. Je savais que ça l’aidait », raconte Angèle Marcoux-Prévost, qui répète souvent à sa fille Marie-Andrée de prendre soin d’elle dans sa vie effrénée de directrice générale. Elle sait de quoi elle parle.

Même si le désir d’aller au fond des choses et de se questionner est toujours présent, Angèle Marcoux-Prévost prend le temps de vivre. Elle jardine et fait pousser des citrouilles pour ses deux petites-filles, Anaïs et Léa. Elle chausse ses espadrilles pour courir un petit 5 km dans les paysages dominicains. À la retraite, elle applique le même principe qu’au boulot : faire ce qu’elle aime et avoir du plaisir. C’est d’ailleurs quand le plaisir au travail a cessé qu’elle a su que l’heure de la retraite avait sonné.

« Les dernières années où j’ai été active dans l’entreprise, je voulais passer à autre chose. Je voyais mes petits-enfants grandir et je voulais être présente dans leur vie. Il faut faire de la place aux jeunes. Il faut accepter qu’un jour on ne n’est plus à la bonne place et qu’il y en a des meilleurs que nous dans notre poste », conclut Angèle Marcoux-Prévost, continuant d’inspirer les gens autour d’elle et de partager les fruits de sa récolte de vie.

6 Comments
  1. Quelle merveilleuse histoire! Angèle est une grande dame et bonne amie. Je l’ai connu lorsqu’elle est parti en affaire et depuis nous sommes des amies inséparables!!! Longue vie à Angèle et Viva-Media!!!

  2. Bonjour Angèle

    Quelle belle femme tu es .Je t’admire pourt ton magnifique parcours. Tu as su demeurer la même a travers ce chemin de vie. Tu es un exemple de persévérance, de courage et de foi. Tu mérites grandement de prendre du temps pour toi et tes petits,

    La relève est assurée. Vos filles sont allées à la bonne école. Je t’embrasse affectueusement en espérant le moment de te revoir.

    Loulou xxxo

  3. Chère Madame Angèle,

    Félicitations et merci d’avoir pris le temps de partager votre admirable et courageux vécu.

    Vius êtes une femme de coeur et généreuse à l’égard de vos amours et de votre entourage.

    Longue vie, santé et bonheur à vous et à votre époux.

    Lisette
    (Fondation de Centre d’accueil Vaudreuil)

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