Coup de foudre à New York

Afficher la galerie
3 Photos
Coup de foudre à New York
Marie Chevrier Schwartz

« Il me disait que c’était important, mais il ne m’a jamais incité à commencer le processus pour me demander en mariage. »

Coup de foudre à New York
Marie Chevrier Schwartz

« L’esprit québécois d’être en groupe, l’idée de communauté et de famille, c’est exactement pareil… »

Coup de foudre à New York
Marie Chevrier Schwartz

« Si tu me dis, “moi, j’aime telle chose ou je pense de telle manière” je vais vouloir en savoir plus; ça a piqué ma curiosité. »

Marie Chevrier Schwartz

Marie Chevrier, fondatrice de l’entreprise Sampler, est née d’une famille catholique, dans la région, à Hudson. Son parcours professionnel l’a amenée loin du nid familial, jusqu’à Toronto et à New York, où elle partage maintenant sa vie avec son nouveau mari. Depuis peu, on l’appelle Marie Chevrier Schwartz.

Tout comme le personnage de Charlotte de la télésérie Sex and the City, elle a suivi les traces de l’actrice Elizabeth Taylor. Au nom de l’amour, Marie s’est convertie au judaïsme.

L’histoire d’amour entre Marie et Evin a commencé il y a environ cinq ans, alors que la jeune femme venait d’emménager à New York sur un coup de tête. Un contrat de rêve qui lui était impossible de refuser. Cette décision prise de façon plutôt impulsive lui aura non seulement permis de grandir en tant qu’entrepreneure, mais aussi de rencontrer l’homme de sa vie.

Installée à Brooklyn, loin de tous ses amis et de sa famille, elle saute de joie lorsqu’un ami lui annonce qu’il va lui rendre visite. « J’étais tellement contente d’avoir une sortie, je me suis habillée, les gros talons, j’étais prête à sortir », se souvient-elle en riant. En arrivant au restaurant où elle avait rendez-vous avec son ami, celui-ci salue un joli garçon qui s’apprêtait à quitter en taxi. Evin remarque immédiatement la belle Marie, et vice-versa. Le mystérieux inconnu décide de rester pour un dernier verre. « C’était un coup de foudre, on a commencé à parler et finalement il est resté pour plusieurs verres! » lance celle qui entame la trentaine.

« Il me disait que c’était important, mais il ne m’a jamais incité à commencer le processus pour me demander en mariage. »

Une nouvelle pas si surprenante

Ce n’est que plusieurs mois plus tard qu’elle apprend qu’Evin est juif, lorsque leur relation est devenue plus sérieuse. « La plupart des gars que tu rencontres à New York sont juifs… alors ce n’était pas vraiment une surprise », ajoute-t-elle. La rencontre des parents de son copain a été déterminante dans l’ouverture de la discussion sur la religion. Toutefois, le couple ignorait à ce moment qu’il allait devenir solide, qu’il allait durer. Leur mode de vie nomade laissait peu de place à la stabilité et ni l’un ni l’autre n’accordaient trop d’importance à ce « détail ».

Marie a appris que le judaïsme devait se transmettre par la mère. Si elle souhaitait fonder une famille avec Evin, elle devrait tôt ou tard se convertir. Loin de la décourager, cette information lui a trotté dans la tête un bon moment. « Je ne suis pas quelqu’un qui juge. En fait, ça m’a plutôt rendue curieuse », explique-t-elle. « Je voyais que c’était important pour lui, alors j’ai voulu en savoir plus. »

Ironiquement, Marie craignait davantage les réactions d’Evin face aux traditions des Chevrier que celles de sa belle-famille. « La première fois qu’il est venu à Noël, c’était dans une cabane à sucre que ma famille avait louée… Mon père a cinq frères et sœurs, on est une quinzaine de cousins et cousines, certains ont des enfants; c’est une grosse famille. C’est vraiment différent. » Bien que Noël soit très commercialisé, Evin n’avait jamais assisté à cette grande fête, encore moins au Québec.

La peur de l’inconnu

D’un autre côté, Marie songeait à ses parents, qui rencontraient pour la première fois une personne juive. À force de voyager entre la Ville Reine et la Grosse Pomme, en plus d’avoir eu une expérience de travail à Montréal, la jeune femme en a croisé plusieurs. Ce n’était pas le cas de ses parents, qui, du confort de leur maison à Hudson, n’en savaient que très peu sur cette religion. « Ma mère avait peut-être une vision extrême de ce que ça voulait dire », dit Marie, en précisant que les juifs, au même titre que les catholiques, n’ont pas tous le même niveau d’engagement envers leur religion. La nouvelle mariée croit qu’avec le temps, les deux familles ont appris à se connaître et ont réalisé qu’au final, elles avaient plus de points en commun qu’elles le croyaient.

Par exemple, l’esprit de grande famille rejoint beaucoup les Schwartz. Au mariage de Marie et Evin, toute la communauté juive était invitée à célébrer cette union. « L’idée de communauté, de famille, c’est pareil. On aime être avec les gens », souligne la jolie femme d’affaires.

« Si tu me dis, “moi, j’aime telle chose ou je pense de telle manière” je vais vouloir en savoir plus; ça a piqué ma curiosité. »

Un geste pour la famille

Lorsque Marie a rencontré ses futurs beaux-parents, elle se doutait que ceux-ci s’interrogeaient sur l’avenir de leur fils avec une jeune femme catholique. Ils ont voulu s’assurer que, si cette relation devenait sérieuse, elle serait prête à embrasser ce changement. « Pour les parents d’Evin, c’était vraiment important que je devienne juive. La religion est passée par la mère. Si la mère n’est pas juive, les enfants ne le seront pas non plus… » Elle leur a donc fait comprendre qu’elle se questionnerait, qu’elle explorerait le sujet, ce qui a vite fait de les rassurer.

« Une fois que j’ai commencé à comprendre leurs traditions, pourquoi c’est important pour eux, quelles sont les différences, j’ai réalisé que c’était pas mal la même chose. Dans le fond, les deux religions sont basées sur le même texte, la bible », confie-t-elle, tout en soulignant ne pas être une experte en la matière. Cinq ans plus tard, Marie a donc su rapidement qu’elle devait suivre le cours et devenir juive avant de pouvoir épouser son homme. Ainsi, lorsqu’elle a su qu’Evin était le bon, elle a su qu’elle devait enclencher le processus. « Pour moi, les décisions de se marier et de devenir juive allaient ensemble.

Pour moi, c’était un beau cadeau à faire à sa famille, mais c’est devenu un cadeau, à moi aussi. » La jeune femme voit le mariage comme la meilleure occasion pour aller rechercher et définir ses valeurs. Définir comment le couple va intégrer la religion dans leur famille, au quotidien. « Il y a des questions à se poser en se préparant à un mariage et je pense que la religion, ça couvre pas mal tous les grands thèmes. Ça nous a donné la chance d’avoir ces grandes conversations-là. » Marie raconte qu’elle n’est pas seulement tombée amoureuse de son mari, mais de toute sa famille et de ses valeurs, qui correspondent à sa propre personnalité.

« Quand j’ai rencontré sa famille, c’est là que j’ai réalisé que c’est ce que je voulais pour ma famille à moi aussi. » Heureusement pour Marie, Evin aussi souhaitait partager ses valeurs, son mode de vie et ses traditions avec elle. Il y a un an, il lui a fait la grande demande. Or, son prince charmant n’a pas eu à prendre en considération l’éventuelle conversion de sa tendre moitié, car celle-ci n’avait pas hésité à dévoiler, voire même à publier, ses intentions. « Comme toutes les filles, j’avais abordé le sujet plein de fois, il était “tagué” sur mon Pinterest, il savait quelle bague je voulais. C’était clair que je voulais me convertir. » Toutefois, si elle avait refusé de se convertir, Evin aurait eu du mal à la laisser partir, le couple étant déjà très amoureux et engagé l’un envers l’autre. Elle souligne que son choix s’est fait naturellement et que jamais elle n’a ressenti de pression.

« L’esprit québécois d’être en groupe, l’idée de communauté et de famille, c’est exactement pareil… »

Le meilleur des deux mondes

Si la famille de Marie ne pratique pas régulièrement la religion catholique, elle conserve toutefois plusieurs traditions qui sont, elles, bien ancrées. « On est catholiques, mais pas très pratiquants. On n’est pas à l’église tous les jours. On parle à Dieu, mais pas comme les générations d’avant. » Conséquemment, la nouvelle membre du clan Schwartz admet devoir apporter plusieurs modifications à son calendrier. À la maison, à New York, le couple soulignera Hanoukka, qui cette année se déroulera du 12 au 20 décembre. « Mais on va être tellement contents d’aller célébrer Noël chez ma mère, chez ma sœur ou chez ma grand-mère! On va faire les deux », raconte-t-elle, enthousiaste. Aucun sacrifice du côté de Marie, qui s’en réjouit ouvertement. Evin, quant à lui, devra revoir sa tradition de Noël, selon la jeune femme, puisqu’il avait pris l’habitude d’aller au cinéma et au restaurant chinois le 25 décembre!

Un long processus

Une fois son intention de se convertir annoncée, Marie s’est fait référer par un rabbin à un cours qui est donné par un organisme régional, le Rabbinical Assembly. Ce cours peut durer entre six et douze mois. « Dans mon cas, c’était une fois par semaine pendant six mois, trois heures par cours. » Beaucoup de lectures et de discussions lui ont transmis l’histoire du peuple juif, de ses rituels et de ses traditions.

À la fin de ce parcours, une cérémonie appelée le Mikvah, met l’élève à l’épreuve. Trois rabbins l’ont interrogée, notamment sur sa motivation, ses sentiments face à cette religion, ses apprentissages, sa façon d’introduire la religion dans son quotidien, etc. Si le candidat est accepté, la prochaine étape consiste à se submerger dans un grand bain, complètement nu, après avoir prononcé une prière. « On fait ça trois fois et quand tu sors la dernière fois, tu es juif », s’exclame Marie. Par conséquent, cette cérémonie ne peut avoir lieu si la personne n’a pas suivi le cours au préalable.

Aucun commentaire pour l'instant

Laisser un commentaire

Votre adresse courriel ne sera pas publiée.

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML: <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>

Vous avez aimé cet article?

Abonnez-vous à notre infolettre et restez informé des dernières publications ajoutées.