Geneviève Schmidt

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Geneviève Schmidt

« J’ai pleuré tous les jours pendant quatre ans. J’étais fâchée de la maladie, mais à un moment donné tu acceptes. Je prends le temps de tout lui dire ce que je veux lui dire. »

Geneviève Schmidt

Autour d’un café et d’un croissant, nous avons discuté de ses nombreux projets artistiques et d’affaires, mais aussi de son implication sociale.

Geneviève Schmidt

« J’ai des horaires du pas possible. Le peu de temps que j’ai de libre, je veux voir mes parents. Mon chum, passe un peu en troisième. Pauvre lui. Une chance qu’il est là, car il m’équilibre tout ça. »

Trouver un trou dans son agenda chargé a été difficile, mais Geneviève Schmidt a généreusement accepté d’être notre personnalité du mois. Autour d’un café et d’un croissant, nous avons discuté de ses nombreux projets artistiques et d’affaires, mais aussi de son implication sociale. Une femme entière, dévouée, persévérante et inspirante dont la vie n’est qu’un amalgame d’émotions fortes.

Lorsqu’elle se retrouve en famille, Geneviève Schmidt rit, danse et jase fort. Le bonheur est dans la place, même si son père est à un stade avancé de la maladie d’Alzheimer. La comédienne vient d’une famille très soudée qui a voyagé et travaillé ensemble. Ses parents étaient en affaires dans la région. Propriétaire des St-Hubert de Vaudreuil-Dorion et de Rigaud, ils ont aussi relancé le Théâtre des Cascades. Geneviève Schmidt, sa sœur Marie-Claude et son frère Martin ont hérité de cette fibre entrepreneuriale familiale. Ils ont repris ensemble les rênes du travail acharné de leurs parents dans la restauration, en plus d’avoir des centres d’achat et des terrains.

« C’est ma sœur et mon frère qui s’en occupent. Moi, vu que j’ai un autre métier en même temps, j’essaie de suivre la cadence un peu. J’ai toujours voulu faire du business dans ma vie, mais le métier est tout le temps venu me chercher », me raconte la comédienne et femme d’affaires, confortablement installée dans un divan d’un café de Vaudreuil-Dorion.

Des années en coulisse

Le côté artistique a toujours titillé Geneviève Schmidt. Ses années passées dans les coulisses du théâtre a teinté le chemin qu’elle allait emprunter. Sur une période de sept ans, alors qu’elle était dans la vingtaine, elle a fait de la tournée, de la production, de la direction, allant même jusqu’à créer sa propre compagnie de théâtre. Elle a, entre autres, travaillé sur la pièce 24 poses de Serge Boucher, mise en scène par René-Richard Cyr. Le spectacle a été marquant pour elle.

« J’ai des horaires du pas possible. Le peu de temps que j’ai de libre, je veux voir mes parents. Mon chum, passe un peu en troisième. Pauvre lui. Une chance qu’il est là, car il m’équilibre tout ça. »

« Une fois que le spectacle commence, les techniciens vont souper avant de revenir pour démonter. Moi, tous les soirs, je restais pour voir le show. Je regardais les acteurs jouer. Je les trouvais bons. Après trois ans de tournée à les regarder, j’ai dit : je pense que ma place est sur la scène », se souvient Geneviève Schmidt.

Passage obligé par l’école

Celle qui voulait faire carrière comme comédienne avait déjà essayé l’école de Ste-Thérèse, mais elle s’était fait mettre dehors. Elle restait réticente face aux autres écoles, même si on l’invitait fortement à y entrer. Un jour, alors qu’elle donnait la réplique à une amie qui voulait entrer à l’École nationale de théâtre, elle s’est finalement laissé séduire. Elle a accepté de retourner sur les bancs d’école pour développer sa passion. Elle avait 30 ans, lorsqu’elle a débarqué officiellement dans le métier.

« L’École nationale ç’a finalement été bon pour moi. Ce n’était pas le même cadre. Ils croyaient vraiment en toi et on se sentait unique. Quand on finit l’École nationale, tous les finissants vont se montrer la face aux Auditions du Quat’Sous. Tous les agents sont dans la salle. On espère qu’un ou deux vont t’appeler. J’ai eu treize offres. C’est énorme », m’explique Geneviève Schmidt. Son choix s’est arrêté sur Camille Goodwin, pour son intelligence, mais aussi pour le caractère familial de l’entreprise, qui lui rappelait sa famille.

Depuis, qu’elle m’avoue entre deux gorgées de café, elle n’a jamais eu de creux dans sa carrière. Les projets se sont toujours enchaînés pour la fille au casting différent. Au début, elle faisait surtout du théâtre. Puis, elle a décroché son premier gros contrat, une participation comique dans Et si, une émission diffusée à V Télé.

« C’est comme ça que j’ai apprivoisé la télévision, parce que c’est vraiment un autre médium. Je pouvais explorer plein d’affaires. Le réalisateur Alain Chicoine et Louis Morrissette m’ont aidée à danser avec la caméra », me raconte Geneviève Schmidt.

La comédienne peut autant faire rire, comme dans son rôle dans Les beaux malaises où son imitation de phoque et l’expression « c’est trop pour moi » lui sont restés collés à la peau, que faire pleurer avec son interprétation de Jessica dans Unité 9. Un rôle qu’elle interprète depuis plus de trois ans et qui lui fait du bien.

« Toute ma tristesse ou ma rage, je la passe dans ce personnage-là. Ça me fait du bien d’y aller. J’ai besoin de cet équilibre-là. Je trouve que c’est rare à la télé qu’on prend le temps de jouer des émotions. J’aime ça », me confie Geneviève Schmidt, ajoutant qu’après une scène intense elle fait le clown pour changer son énergie. Sur un plateau, elle parle à tout le monde et allège la journée de ses collègues.

« J’ai pleuré tous les jours pendant quatre ans. J’étais fâchée de la maladie, mais à un moment donné tu acceptes. Je prends le temps de tout lui dire ce que je veux lui dire. »

Le regard des autres

Le succès est arrivé rapidement. La comédienne a dû s’adapter. Elle rigole en m’avouant qu’elle ne peut plus négocier chez Winners comme elle le faisait avant. Sinon, elle aimerait aussi arrêter de fumer, consciente du regard des autres sur elle. Pourtant, être ronde ne l’a jamais dérangée. Elle essaye de manger sainement et de faire de l’exercice régulièrement.

« Est-ce que j’ai eu des rôles parce que j’étais ronde? Pas vraiment. Est-ce que j’ai perdu des rôles parce que j’étais ronde? Sûrement, mais ça m’importe peu. Je n’ai jamais eu de problème avec mon image corporelle. Je sais qu’il y a des femmes rondes qui ne s’aiment pas. C’est dommage, elles perdent du temps. Je suis contente qu’il y ait une diversité à la télévision en ce moment », avoue-t-elle, ajoutant que son chum lui dit tout le temps qu’il la trouve tellement belle. C’est tout ce qui compte.

Jamais trop pour elle

Lors de notre rencontre, Geneviève Schmidt travaillait sur plusieurs projets à la fois. Entre les répétitions pour Dimanche Napalm (Théâtre d’Aujourd’hui du 6 au 26 novembre), les enregistrements d’Unité 9 et de Web thérapie ainsi que le tournage du film Trip à trois (sortie été 2017) elle n’avait pas eu de journée de congé depuis un mois. Elle ne s’en plaint pas. Elle fait un métier qu’elle aime et elle gagne bien sa vie. Ça lui permet de dépenser dans les magasins. Pas juste pour s’acheter des choses, mais aussi pour gâter sa famille, ses amies et ses collègues de travail. Geneviève Schmidt est une fille généreuse, dont la bonne humeur rejaillit sur les gens qui l’entourent.

Parfois, la vie aussi nous fait des surprises. Peu de temps après sa sortie de l’école de théâtre, alors que sa carrière prenait son envol, son père a reçu un diagnostic d’Alzheimer. Dans les sept dernières années, elle a vu sa carrière se bâtir tranquillement, mais sûrement. De l’autre côté, elle perdait son père tout doucement. Elle est déménagée à Piedmont pour être près de ses parents et s’occuper de son père trois jours par semaine.

« C’était vraiment dur. Si tu m’aurais dit Geneviève tu vas t’occuper de ton père trois jours semaine pendant sept ans. Je t’aurais dit, je ne serai jamais capable. Finalement, je l’ai fait. Avec le recul, on voit qu’on est faite forte et qu’on peut le faire. Mon inspiration vient de ma mère. C’est mon modèle. Ils nous ont tellement gâtés que je ne peux pas ne pas les gâter », avoue Geneviève Schmidt. Son père l’accompagne encore sur les tapis rouges, écoute Unité 9 et assiste à tous ses spectacles, parfois six fois plutôt qu’une, juste pour le plaisir de voir sa fille sur scène.

« Dans mon prochain show je suis en bas de nylon et en brassière seulement. J’y pense, mais je mange un croissant. Même si je mange du céleri pendant trois semaines, je n’aurai même pas l’énergie de jouer le soir et de tourner le jour. »

Porter un message

Geneviève Schmidt m’avoue qu’elle a reçu de nombreuses demandes pour être porte-parole. Elle attendait la bonne, tout en pensant que sa connaissance de la maladie d’Alzheimer ferait d’elle une bonne porte-parole pour la cause. C’est alors qu’elle a reçu un courriel d’Isabelle Poirier, une amie de longue date et directrice générale du Centre de femmes La Moisson, qui souhaitait une porte-parole pour l’aider à changer l’image du Centre. La moyenne d’âge des utilisateurs est de 55 ans. Pourtant les femmes actives de 25 à 40 ans sont débordées et leur besoin de soutien est grand.

Geneviève Schmidt n’a pas pu refuser. Pas parce que c’était une amie qui lui demandait, mais bien parce qu’elle savait qu’elle pouvait aider les femmes. Son rôle de Jessica dans Unité 9 l’avait déjà mise en contact avec la souffrance humaine vécue par de trop nombreuses femmes.

« Je ne pouvais pas dire non. Parce que c’est ma région, parce que ce sont des femmes et parce que je comprenais le lien avec Jessica. C’était en moi, j’avais besoin de ça. Si je peux aider un peu ça va me faire du bien à moi, tout en aidant les femmes de la région et un organisme qui fête ses trente ans cette année », précise Geneviève Schmidt. Depuis son arrivée comme porte-parole, elle occupe aussi une place de confidente lorsqu’elle rencontre les utilisatrices. C’est son grand côté humain qui fait d’elle une personne aussi facile d’accès.

On se demande quand elle a le temps de penser à elle. Au mois de mars, elle envisage des vacances en Italie. Un trois semaines, avec son amoureux bien entendu. Mais, elle fera tout ce qu’elle peut pour organiser son voyage en fonction d’être présente à la journée spaghetti du Centre de femmes, qui aura lieu à la fin du mois, parce que Geneviève Schmidt est totalement engagée dans tout ce qu’elle fait.

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