Inspirer par l’exemple

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Sylvie Rozon

« J’aimerais voir plus de femmes dans les métiers de la construction. C’est un travail difficile physiquement, oui, mais tellement gratifiant. »

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Sylvie Rozon

« La curiosité mène au savoir, le savoir mène à l’expérience, et l’expérience mène au respect. Voilà la clé du succès. »

La maison de Sylvie Rozon est en tout point à son image. Organisée, réfléchie, élégante et moderne. Une visite de cette demeure est une porte ouverte sur le caractère de sa conceptrice.

Depuis un peu plus de 15 ans, la résidente de Saint-Lazare, Sylvie Rozon, est entrepreneure générale en construction domiciliaire. Elle est à la tête de l’entreprise Habitation Harmonie; une entreprise en plein essor qui offre à des clients de partout des maisons haut de gamme à leur image. Sylvie est aujourd’hui reconnue dans son domaine et fait sa place dans un marché concurrentiel principalement occupé par des hommes.

Si l’on avait dit à Sylvie Rozon qu’elle serait un jour dans cette position, elle ne l’aurait pas cru. En effet, sa situation professionnelle n’est pas le résultat d’un plan établi depuis longtemps, mais plutôt d’une capacité à saisir les occasions, à exploiter ses forces et à conserver en tout temps une ouverture aux apprentissages.

Un parcours qui se dessine

Lorsqu’est venu le temps pour Sylvie Rozon de choisir une carrière, elle s’est dirigée vers un domaine plus fortement représenté par des femmes : le design intérieur.

Après ses études, elle s’est trouvé un emploi dans son domaine, dans le secteur de la construction résidentielle. Elle était donc appelée à créer ses concepts créatifs en parallèle à la construction des habitations.

Au fil du temps, elle s’est intéressée à un spectre plus large du processus, et a graduellement été référée par un entrepreneur qui lui faisait confiance à prendre en charge la gestion de projets.

« La curiosité mène au savoir, le savoir mène à l’expérience, et l’expérience mène au respect. Voilà la clé du succès. »

Un jour, alors que cet entrepreneur partait à la retraite, il a semé une graine dans la tête de Sylvie Rozon; une proposition qui allait transformer sa carrière : « Qu’attends-tu pour faire le saut? Va chercher ta licence d’entrepreneur et fonce », lui avait-il dit.

Pour Sylvie, c’était là une idée inattendue. « Je ne l’avais jamais vraiment considérée auparavant. Mais lorsqu’il m’a dit cela, je me suis dit que si un homme d’expérience dans le domaine avait confiance en mes capacités, alors pourquoi pas? »

À ce stade, Sylvie Rozon vivait également de grands changements dans sa vie personnelle. Elle a donc senti qu’il était temps d’amorcer un nouveau chapitre; de foncer. En 1999, elle fait sa formation pour obtenir une licence de la Régie du Bâtiment du Québec.

Forte de sa formation académique, elle fonde Habitation Harmonie en 2001. Au cours de ses études et durant ses premières années à la barre de son entreprise, elle est demeurée ouverte aux apprentissages et humble; ce qui selon elle constitue la clé de son succès.

« Lorsqu’on est une femme dans un monde d’hommes, on peut se sentir intimidée au début. On peut sentir qu’on ne possède par le même niveau d’expertise. Mais les hommes dans le domaine de la construction sont souvent des hommes fiers; des roughs diamonds! Ils sont souvent très ouverts à partager leurs connaissances et à répondre aux questions. »

À ce titre, elle sent qu’elle a tiré avantage du rapport homme femme. « Je crois que j’ai tiré parti de ma position, car les hommes ont toujours été plus ouverts à répondre à mes questions et à partager leur expertise avec moi. Je crois que le rapport homme femme prédispose à une certaine ouverture dans le dialogue », note-t-elle.

Fonder une grande famille

Lorsqu’on apprend à connaître le parcours de Sylvie Rozon et ses valeurs à titre de femme et de chef d’entreprise, on découvre que la philosophie d’Habitations Harmonie cadre en tout point avec la femme.
En effet, le bonheur que Sylvie Rozon éprouve à s’entourer de gens qu’elle aime s’applique à la relation qu’elle entretient avec ses clients, mais également son équipe.

Ainsi, l’équipe qu’elle a mise sur pieds en 2001 est majoritairement toujours en poste. Ses membres ont grandi ensemble au sein de l’entreprise, comme une grande famille.

« J’ai créé une véritable petite famille, et c’est ça qui me démarque dans le milieu. Projet après projet, la qualité est toujours la même, la signature est toujours la même. On ne voit pas ça si souvent dans le domaine résidentiel. Je crois sincèrement que cette proximité entre les membres de mon équipe favorise la communication entre les corps de métier et c’est une bonne chose. Cet esprit d’équipe améliore sans l’ombre d’un doute le produit final », explique Sylvie Rozon.

Le fait de favoriser les rapports harmonieux et de mobiliser l’équipe constitue une force féminine, selon la femme d’affaires. « Je crois qu’il s’agit là d’une touche féminine. Le côté émotionnel et humain, l’attention aux détails; ce sont souvent des traits féminins. Et cela aide grandement à créer une ambiance saine dans une équipe », dit-elle.

« Je crois qu’en général, une femme à la tête d’une entreprise a plus tendance à mettre en place une culture de communications. Je vois concrètement dans mon travail que les hommes sont très ouverts au dialogue avec moi, il y a moins de frustrations qui demeurent dans le non-dit. »

« J’aimerais voir plus de femmes dans les métiers de la construction. C’est un travail difficile physiquement, oui, mais tellement gratifiant. »

Sa propre patronne

Sylvie Rozon se décrit elle-même comme une véritable workaholic. Ses journées de travail sont longues et bien remplies, mais elle est loin de s’en plaindre.

« J’ai 54 ans et il n’y a pas un matin où je me lève que je ne me dis pas que j’adore mon métier. Je n’ai pas envie de faire autre chose », dit-elle d’emblée lorsqu’elle parle de sa profession.

Le fait d’être à la tête de sa propre entreprise lui donne toute la latitude de travailler à ses heures, dans le confort de son bureau à la maison. Elle apprécie également la possibilité de créer des habitations des plans à la finition, avec sa touche personnelle, en accord avec les besoins de ses clients.

Bien qu’elle adore l’ambiance des chantiers et les rencontres clients, elle affectionne tout particulièrement le côté créatif de son métier. « La partie que j’aime le plus de mon travail c’est de dessiner la maison. Tout le processus créatif, et surtout le dessin des cuisines et des salles de bain, c’est ce que je préfère », indique celle qui dans un monde numérique, privilégie encore le dessin sur papier lors de ses créations.

Le fait d’être propriétaire de son entreprise dans un domaine plus traditionnellement masculin constitue pour Sylvie Rozon une source d’accomplissement.

« La première chose qui me plaît dans le fait d’avoir mon entreprise, c’est le sentiment d’accomplissement. J’ai gagné ma place et le respect dans le milieu et j’en suis fière », dit-elle.

Être à la tête d’une entreprise lorsqu’on est également mère de deux filles n’est pas toujours facile. En ce sens, Sylvie Rozon est reconnaissante de l’aide reçue de sa mère. « J’ai eu une mère extraordinaire qui m’a soutenue et aidée avec les enfants. Mon énergie et ma santé de fer me viennent d’elle. Aujourd’hui, à 78 ans, ma mère est en charge de tous les bénévoles d’Héma-Québec dans l’Ouest-de-l’Île, et je l’admire », dit-elle.

Bien que son entourage lui dise parfois qu’elle devrait ralentir le rythme, Sylvie Rozon vit sa vie à fond. « Je m’offre tout de même du temps pour moi, surtout pour pratiquer le yoga, le hiking et d’autres activités de mise en forme. Le domaine de la construction permet aussi de prendre des vacances à des moments bien déterminés, et j’en profite pleinement. »

« J’aime le travail manuel; mettre la main à la pâte. J’aime le chantier. J’aime l’odeur. J’aime le bruit. Je dis parfois que si je pouvais recommencer une autre vie, j’aimerais être charpentière. »

Tracer la voie

Par son parcours, son ouverture aux apprentissages et son succès, Sylvie Rozon souhaite inspirer les jeunes filles à suivre leur voie, sans limitations. Déjà, son exemple semble avoir guidé ses deux filles sur le même chemin.

« Mes deux filles étudient pour devenir ingénieures; un domaine où il y a beaucoup d’hommes. Je crois que
j’ai réussi à leur inculquer cette idée qu’il n’y a rien qu’elles ne puissent pas faire. »

Lorsqu’elle ralentira le rythme, elle aimerait d’ailleurs s’impliquer plus étroitement dans les réseaux de femmes d’affaires, pour s’engager auprès de la relève.

« Le message que je souhaite lancer, c’est qu’il n’y a pas de limites pour les femmes, tant et aussi longtemps que l’on mise sur l’ouverture et l’humilité. Il faut être prête à questionner et à apprendre, pour forger son savoir et bâtir notre place. Acceptez les mains tendues et saisissez les opportunités. Gardez chaque petit acquis dans votre poche et gagnez le respect de votre entourage. Voilà mon conseil », conclut la femme d’affaires.

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