La vie est cool

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La vie est cool
Karine Côté

« Toutes mes amies me disent que je devrais être thérapeute parce que j’essaye de ne pas voir le côté négatif. Je pense que je suis rendue avec une sagesse de l’âme assez grande. »

La vie est cool
Karine Côté

« J’ai eu beaucoup d’aide. Ceux qui vivent ça et qui n’ont pas d’aide, cela doit être extrêmement difficile. »

Karine Côté

Karine Côté m’attendait pour l’entrevue avec un petit verre de vin blanc, pour faire passer le stress et la gêne de se confier sur une partie difficile et intime de sa vie. Dans son coquet appartement à Saint-Zotique, la femme de 45 ans rayonne et profite pleinement de sa nouvelle vie remplie de calme et de nombreux petits plaisirs.

Karine Côté est discrète. Lorsque l’éClat l’a approchée pour être la femme inspirante du mois d’octobre, mois du cancer du sein, elle a d’abord décliné l’invitation. Puis elle a pensé à cette maladie, aux autres femmes et à ce qu’elle pouvait apporter par son témoignage. Chaque histoire d’une personne atteinte du cancer est unique. Parfois, on ressent de la tristesse. Alors qu’une autre rencontre nous donne l’énergie de gravir des montagnes. Pour ses amies, sa famille et ses clients, Karine Côté représente cet exemple de force et de motivation.

Comme deux personnes qui se rencontrent pour la première fois, nous faisons connaissance. Karine me raconte un peu sa vie. En couple depuis plusieurs années, elle avait une vie relativement tranquille. Sa fille, Megan, avait quatre ans quand elle a décidé de lancer son entreprise de toilettage en décembre 2005. Quelques mois plus tard, elle apprenait qu’elle était enceinte. Elle a donné naissance à son fils, Danik, en 2007. Comme son entreprise était située dans une partie de la maison résidentielle, elle est retournée au travail quelques semaines plus tard. La conciliation travail-famille allait bien. Les animaux qu’elle bichonne sont une thérapie quotidienne pour celle qui avait changé de travail, car elle n’était plus capable d’être enfermée dans un bureau.

Faire face à la surprise

Les années passent vite. On cligne des yeux et notre bébé fait son entrée à la maternelle. Danik avait 5 ans et Megan avait 9 ans, quand leur maman de 42 ans a senti une bosse sur son sein. Cette apparition soudaine a surpris Karine Côté. Elle était en colère. Elle se croyait invincible, mais de toutes évidences le cancer faisait encore des siennes dans la famille. Après trois de ses tantes ainsi que sa mère et sa grand-mère, c’était maintenant son tour.

« On est une famille qui a un gène, le BRCA1. Mes deux sœurs et moi l’avons. Le cancer c’est un cauchemar. Tu fais juste penser à ça jusqu’à tant que tu aies la réponse si c’est ça ou pas. Le plus gros là-dedans, c’est de l’annoncer. La pire chose c’est d’expliquer aux enfants », me confie Karine Côté, qui était suivie de près étant donné le contexte familial. Son médecin lui avait déjà proposé à maintes reprises, tout comme à ses sœurs, l’opération aux ovaires et la mastectomie afin de diminuer les risques. Elle avait toujours refusé.

« J’ai eu beaucoup d’aide. Ceux qui vivent ça et qui n’ont pas d’aide, cela doit être extrêmement difficile. »

S’accrocher au quotidien

Après la réception du verdict et l’annonce aux proches, ce que craignait le plus Karine Côté c’était le regard des autres. La pitié, elle n’en voulait pas. Elle a continué à gérer son commerce malgré les traitements de chimiothérapie d’octobre 2012 à janvier 2013. Comme travailleuse autonome, elle n’avait pas d’assurances, mais c’était surtout parce que travailler était son pied de nez à la maladie, sa motivation pendant les traitements.

Après un traitement, Karine Côté était à plat pendant dix jours. Le onzième jour, elle fixait des rendez-vous et prévoyait un souper au restaurant avec ses amies de fille. Elle voulait profiter au maximum de ces sept jours où elle allait mieux avant le prochain traitement.

« Quand je n’étais pas en forme après dix jours, j’angoissais. Il n’y a pas une fois où j’ai pensé que j’allais mourir. La peur de l’inconnu, ça, par exemple, c’est fou. J’étais déstabilisée complètement. J’ai continué à travailler et à être active, je pense que c’est ça qui m’a aidée », me raconte-t-elle, précisant que ses amies et sa famille ont été très présentes. Elle ne se souvient pas en détail de tout ce qu’ils faisaient. Après un traitement, elle était absente mentalement, comme si elle était sur une autre planète. Sa maison était propre. Son réfrigérateur rempli de petits plats faits maison qu’on lui apportait. Ses enfants ne manquaient de rien et la vie continuait.

Souvenirs heureux

Elle se rappelle de moments inoubliables qui ont eu lieu pendant sa maladie. Elle raconte, les yeux mouillés, la belle soirée arrosée passée avec ses amies le soir où elle leur a appris la nouvelle, rencontre qui avait d’abord l’objectif de la réconforter, mais qui a pris une tout autre tournure. Puis le 10 octobre 2012, quand sa gang de filles l’a accompagnée chez la coiffeuse pour se faire raser les cheveux et qu’elles se sont amusées à essayer des perruques. Sa sœur qui s’était rasée la tête elle aussi. Sans oublier, le gros party de financement organisé par la famille et les amis afin qu’elle se paye un peu de repos. Une grosse vague d’amour pour Karine Côté, qui ne s’est jamais apitoyée sur son sort. Ni pendant la maladie, ni après.

D’un traitement à l’autre

Peu de temps après les traitements de chimiothérapie, qui ont pris fin le 11 janvier 2013, Karine Côté a dû subir une opération, le 14 février 2013, entre autres, pour lui enlever des ganglions atteints. Le parcours du combattant était pourtant loin d’être terminé. Il restait encore la radiothérapie.

« Pendant cinq semaines, tous les jours j’avais de la radiothérapie. Je partais très tôt le matin pour être la première à l’hôpital Notre-Dame à Montréal et revenir au plus vite pour travailler. J’ai trouvé bien plus difficile la radiothérapie, parce que ça faisait mal de ne pas pouvoir bouger. Je n’en pouvais plus, je voulais abandonner », m’explique-t-elle, se souvenant du sentiment de délivrance qu’elle a ressenti lorsqu’elle est sortie de la dernière radiothérapie, le 23 juin 2013. J’ai texté tout le monde pour dire : C’est fini! »

« Toutes mes amies me disent que je devrais être thérapeute parce que j’essaye de ne pas voir le côté négatif. Je pense que je suis rendue avec une sagesse de l’âme assez grande. »

Une vie plus cool

Trois ans plus tard, l’appartement de Karine Côté déborde de pensées positives écrites par-ci, par-là. Des livres aussi, dont Mange, prie, aime qu’elle lit en ce moment. Elle n’a pas eu des envies d’évasion comme l’héroïne du livre. Elle n’a pas dressé une liste des choses qu’elle voulait faire si elle s’en sortait. Les changements sont plus profonds et à l’intérieur. Elle s’accepte plus, elle est plus ouverte et sereine, mais surtout elle sait ce qu’elle veut. Elle s’est séparée d’avec le père de ses enfants à l’automne 2014. La relation n’allait pas bien et ne lui convenait plus.

« Une personne qui a une maladie grave, tout change dans sa tête. Tes priorités changent. Ça va faire deux ans que je suis en appartement. Je suis bien chez moi. Tout est cool, maintenant. Je profite de tous les petits moments. J’aime prendre un bon vin, sortir, la solitude, courir… Je goûte à tout, mais dans un équilibre », dévoile Karine Côté.

Meilleurs vœux

On pourrait croire que le destin avait terminé de chambouler la vie de Karine Côté. C’était sous-estimer ce qu’il pouvait faire par un beau 24 décembre 2015, alors que le soleil réchauffait la couenne de nombreux Québécois qui rigolaient en sortant le mobilier de jardin pendant que la dinde cuisait au four.

« Le 24 décembre, c’est une très grosse journée pour moi au travail. Juste avant d’aller travailler, j’ai couru ce matin-là. Quand je suis revenue chez moi, je ne filais pas bien. À 10 h 30, ma petite sœur m’a amenée à Valleyfield. Une heure après, on m’a transférée à l’hôpital Notre-Dame. C’était un peu comme la maladie mangeuse de chair. Elle s’est logée où tu penses? Dans mon sein. Là, j’ai eu peur. J’étais sûre que je ne m’en sortais pas », me confie avec émotion la femme de 45 ans. Cet épisode a été particulièrement difficile pour sa fille de 15 ans, qui est rendue très près de sa mère avec toutes les péripéties des dernières années.

Souhaiter la paix

Après avoir combattu le cancer, s’être séparée et avoir célébré le Nouvel An sur la table d’opération, Karine Côté aspire maintenant à des choses bien simples : le bonheur, la tranquillité et la paix. Pas trop vite, car elle ne veut pas sauter d’étape, elle aimerait bien accueillir à nouveau l’amour dans sa vie.

« Je me permets bien plus de penser à moi. Avant, j’étais bien loin sur la liste. Mes enfants savent que maintenant je m’affirme plus. Je trouve ça cool la vie et je n’ai même pas peur de ce qui va m’arriver », me raconte Karine Côté, qui sait qu’il y a d’autres choses qui s’en viennent pour elle.

Le positivisme et la confiance ne l’ont jamais quittée. Elle se promène la tête haute et le regard pétillant, même si elle sait que le maudit cancer ne rôde jamais très loin. Comme les autres femmes de la famille, sa fille n’est pas à l’abri. C’est ce qui lui fait le plus peur, m’avouera-t-elle, avant de partir, bras dessus, bras dessous, avec l’une de ses grandes amies, prendre la pose et sourire à la lentille de notre photographe comme elle sourit à la vie.

8 Commentaires
  1. Bravo , tu m’inspire à prendre encore plus soin de moi et ma santé .
    Merci beaucoup , tu es merveilleuse
    Raymond

  2. Quel courage ! Lâche pas ! Je connais bien ta sœur et je l’aime beaucoup donc je t’envoie beaucoup d’amour même si on se connaît pas !

  3. Bravo Karine! J’ai toujours pensé que tu étais une personne très spéciale. Je te souhaite que de la santé, de la joie et du bonheur.
    Tu le mérites bien!
    Sincèrement,
    Rachelle Owens
    XOX

  4. Vraiment reconfortant comme temoignage pour les personnes atteintes de cette maladie BRAVO de prendre le temps de t’exprimer ains.

    Sergio

  5. Quel beau témoignage réconfortant et enrichissant. Tu es une femme forte, courageuse, positive. Tu dégages une belle énergie. Je t’aine beaucoup.

  6. Wow wow, Bravo Karine! J’ai des frissons. Je te trouve formidable. Tu m’inspire énormément. Quelle belle personne tu es. Je t’envoie beaucoup d’amour et de belles ondes positives pour que la vie soit avec toi. Gros bisous! XXX

  7. Très bel article que je ne savais pas que tu avais fait Karine , tu es une super belle exemple de courage et oui je te connais et tu te n’ai jamais apitoyer sur ton sort tu travaillais tout le temps toujours un beau sourire et je suis sûre que tu vas trouver l’amour tu es tellement gentille et jolie en plus . Christine ét Jessy Rose xxx❤️

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