Libre comme l’air

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Libre comme l’air
Sonia Robert

« Il y a un sac Ziploc que je traîne depuis le début de l’année. Je le lave et le réutilise. Je vais faire ça jusqu’à tant qu’il perce. »

Libre comme l’air
Sonia Robert

« Quand j’étais petite, j’écoutais des documentaires sur les animaux et je trippais. Je me voyais faire ça plus tard. »

Libre comme l’air
Sonia Robert

« Tant que je suis heureuse et que j’aime ce que je fais, c’est ce qui est le plus important. »

Une cabane en bois rond, une toilette à ciel ouvert, prendre sa douche aux 10 jours, dormir au cœur des montagnes et passer cinq mois seule avec seulement deux collègues de travail à qui parler. C’est l’aventure dans laquelle la jeune biologiste Sonia Robert se lance en acceptant un contrat d’observation des chèvres des montagnes et des marmottes en Alberta, qui débutera dans quelques semaines.

C’est à la cafétéria du Zoo Ecomuseum que nous nous sommes donné rendez-vous pour jaser de son projet estival, mais aussi de son métier, de sa vision de la vie et des gestes qu’elle pose au quotidien pour contribuer à la protection de l’environnement. Habituellement contre l’idée des zoos, Sonia apprécie le travail fait par l’équipe du Zoo Ecomuseum pour sauver les espèces. Avec son amour des animaux et son bagage académique, elle pourrait y travailler, mais elle est beaucoup trop attirée par le grand air… Elle a besoin de s’envoler à la découverte du monde.

Sauver les animaux

« L’été passé, j’étais en Abitibi pour travailler sur la grenouille des bois. Une fois le contrat terminé, je suis retournée à Rimouski, là où est mon copain et où je me suis établie depuis quelques années. L’été prochain, je vais en Alberta pour un contrat sur l’écologie comportementale. C’est beaucoup de l’observation des comportements. On regarde toute la base. Après, c’est plus facile de regarder l’histoire de vie de ces animaux et d’appliquer des questions sur les changements climatiques, la chasse… Pour les marmottes, c’est beaucoup démographique afin de voir chaque année combien on en capture et comment va la population », explique Sonia, ajoutant qu’elle aime le travail de terrain et ne souhaite pas vraiment faire du 9 h à 17 h. Elle est parfois déçue que certaines personnes ne considèrent pas ce qu’elle fait comme une vraie job. Elle sait bien que ses parents se demandent quand elle aura un long contrat ou un emploi à temps plein.

« Quand j’étais petite, j’écoutais des documentaires sur les animaux et je trippais. Je me voyais faire ça plus tard. »

Sonia a 25 ans et elle fait confiance à la vie. Ses yeux pétillent lorsqu’elle parle de sa famille, de ses amies et de son amoureux, Samuel, et particulièrement lorsqu’elle explique son amour et sa fascination pour les animaux. Elle se laisse facilement émouvoir par tout ce qui touche la faune, mais aussi par l’entraide entre les humains. Dans un monde où les gens sont de plus en plus centrés sur leurs affaires, elle trouve ça beau de voir ça.

Sonia a terminé ses études en avril 2016. Une technique en santé animale et un baccalauréat en biologie en poche, elle réalise des petits contrats qui lui permettent amplement de vivre toute l’année. Pendant ses études, et encore aujourd’hui, elle a vécu avec environ 10 000 $ par année, ce qui est suffisant pour soutenir son rythme de vie, dit-elle. En attendant que son copain termine ses études et qu’ensemble ils concrétisent leur projet de road trip à travers le Canada pour voir les parcs nationaux, elle partage un appartement avec trois colocataires à Rimouski. Elle fait aussi des choix de vie lui permettant de vivre bien, mais simplement et dans la bonne humeur.

En as-tu vraiment besoin?

« J’essaie de faire en sorte que certaines des actions que je pose aident et conscientisent les gens. Je prends des douches de maximum cinq minutes, je ne prends plus la pilule contraceptive, je composte, je recycle, j’essaie de ne plus acheter de vêtements et de plutôt les prendre de seconde main, je vais porter mes vieux articles et vêtements et je me limite sur l’achat de viande à l’épicerie », indique-t-elle, avouant qu’elle adore la viande, mais qu’elle a choisi de ne pas en manger, également par souci environnemental. L’élevage des animaux pollue et la viande est souvent suremballée lorsqu’on l’achète à l’épicerie, ajoute-t-elle. Sonia mange de la viande de chevreuil et d’orignal que sa belle-famille chasse ou du bœuf élevé par son cousin. Celle qui aime cuisiner, essaie d’adapter ses recettes préférées en versions végétariennes. Elle rigole en avouant que le secret pour apprécier le tofu, ce sont les épices!

« L’argent ce n’est pas quelque chose qui me dérange. Je n’ai pas besoin de 40 000 $ par année pour vivre. »

La biologiste pourrait parler de son idéologie pendant des heures. Elle est passionnée. Son copain étudie en géographie et ses colocataires sont biologistes : Sonia prêche à des convertis la plupart du temps. Dans son appartement, elle n’a pas de télévision et elle s’imagine bien continuer à vivre simplement, même lorsqu’elle s’achètera une maison. Elle rêve de s’autosuffire, d’avoir un jardin et peut-être même des poules. Quand elle revient à Salaberry-de-Valleyfield pour voir ses parents, ces derniers se retrouvent un tantinet observés par la biologiste.

« J’apprécie beaucoup mes parents. Ils nous ont donné beaucoup et ont fait beaucoup de sacrifices pour nous. Ils doivent trouver que je suis la plus aventureuse de la famille et que je déplace de l’air. Des fois, je les chicane parce que le chauffage est dans le tapis, je leur dis que les bouteilles d’eau à usage unique ne sont pas nécessaires… Peut-être qu’ils me trouvent fatigante finalement », lance la jeune femme en riant. C’est en côtoyant les gens à l’université, que Sonia a été conscientisée à l’importance de faire sa part pour l’environnement. Elle a d’abord essayé d’être écolo de manière radicale, mais comme une personne qui se lance dans un régime sévère, elle avait abandonné. Elle a plutôt choisi de changer petit à petit, un geste à la fois.

« Tant que je suis heureuse et que j’aime ce que je fais, c’est ce qui est le plus important. »

Loin de ceux qu’on aime

Sonia aime l’aventure. Elle n’a pas eu peur de partir loin de la maison pour faire ses études, bien qu’apprivoiser la distance avec ses proches n’ait pas été facile. L’année dernière, lors de son contrat d’été en Abitibi, elle n’avait pas de cellulaire. Depuis, elle vit sans téléphone cellulaire à six heures de route de sa famille et de ses plus vieilles amies. Une chance qu’il y a Facebook et Internet pour rester en contact.

« C’est beaucoup de route pour descendre faire un petit coucou pour un anniversaire. Des fois, à Pâques ou à la Saint-Valentin, ma famille se rassemble pour souper ensemble. Je trouve ça triste de ne pas être là, mais on s’habitue et on finit par vivre avec. Je ne pense pas que je ferais ça toute ma vie. À un moment donné, j’aimerais ça revenir près d’eux », souligne Sonia, dont les parents, le frère Julien ainsi que les sœurs Anick et Sandra habitent encore dans la région de son enfance.

« Il y a un sac Ziploc que je traîne depuis le début de l’année. Je le lave et le réutilise. Je vais faire ça jusqu’à tant qu’il perce. »

Au grand soulagement de sa famille, lorsqu’elle partira cet été, ils pourront la joindre par téléphone et par textos. Sonia est un peu stressée de partir vers l’inconnu. Elle a des petites craintes, mais elle se dit que l’expérience sera belle et enrichissante. Vivre dans les Rocheuses, ce n’est pas rien.

Sonia sait déjà que, lors d’une journée du mois d’août, c’est avec beaucoup d’excitation qu’elle répondra à son téléphone pour recevoir des nouvelles de sa grande sœur et de son bébé dont la naissance est prévue à la fin de l’été. Le premier bébé de la famille. Peut-être qu’à ce moment, elle se sentira loin et qu’elle aura hâte de rentrer retrouver ses proches pour jaser autour d’une bonne tasse de thé. Eux aussi brûleront d’impatience de retrouver la joyeuse fofolle, qui leur racontera ses péripéties à coup d’envolées verbales et de grands gestes, avec un soupçon d’exagération pour les faire rire et rêver aussi un peu.

1 Comment
  1. WOW! allons-nous pouvoir vous suivre sur Facebook….

    ce que vous aller vivre est formidable…..beaucoup de plaisir et de succès….

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