Maître dans l’art de se réinventer

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Maître dans l’art de se réinventer
Mélanie Therrien

« La perte de poids, ce n’est que le résultat visible de ce qui est changé dans ma tête. »

Maître dans l’art de se réinventer
Mélanie Therrien

« Il ne faut pas regarder la montagne, il faut juste regarder les pas, et tu les fais, sans te poser de questions. »

Maître dans l’art de se réinventer
Mélanie Therrien

« J’aime me lancer dans le vide sans filet, avec les petits papillons qui font peur. »

Mélanie Therrien

Dans la région de Vaudreuil-Soulanges, on la surnomme Madame Tupperware, mais on la connaît surtout pour sa perte de poids substantielle. Il y a quelques années, Mélanie a fait le ménage dans sa vie. Il y a quelques années, Mélanie s’est réinventée.

C’est avec un sourire radieux et des étincelles dans les yeux que Mélanie se présente. Une première impression qui ne laisse personne indifférent. « Cette fille-là respire le bonheur », me suis-je dit. Elle entreprend la discussion comme elle le fait avec ses clients, en demandant quels sont nos besoins, pour bien cibler le thème du magazine. Le renouveau, elle connaît. Elle est même passée maître dans l’art de se réinventer.

« Le besoin s’est fait sentir vers 2011, je sentais qu’il fallait que je fasse des choses pour moi, que je me mette de l’avant », explique celle qui a effleuré le milieu de l’enseignement du français. Comme Mélanie carbure à la liberté, le volet de la gestion d’une classe n’a pas pu compenser pour sa passion pour l’enseignement. Elle a donc bifurqué vers le communautaire, où elle a appris ce qu’elle appelle l’« empowerment ». « C’est là que ça m’a ouvert les yeux, sur ce que j’avais envie de devenir, ce que je voulais être profondément comme personne, et non un calque de ce que la société s’attendait de moi ». Mélanie en avait assez de se coller à l’image que son entourage se faisait d’elle. Elle cherchait à définir son identité personnelle et professionnelle.

« J’aime me lancer dans le vide sans filet, avec les petits papillons qui font peur. »

L’élément déclencheur

Plus précisément, c’est à la suite de la perte de membres de proches décédés de cancers que l’alarme a sonné pour Mélanie. Elle a vécu plusieurs deuils subitement, l’un après l’autre. « Ma belle-mère est partie après deux mois seulement. Elle approchait de la retraite, elle faisait enfin un travail qui lui plaisait, elle était retournée sur les bancs d’école… je l’admirais énormément. Je me suis dit, wow, est-ce c’est vraiment ça que je veux faire le reste de ma vie? Est-ce que je veux traîner ce poids-là le reste de ma vie? », explique la résidente de Les Coteaux.

Elle a donc entrepris de grands changements, d’abord côté carrière, car elle a quitté son emploi, a étudié en graphisme pour finalement se lancer en affaires avec Tupperware. « J’avais ce besoin immense de prouver ma valeur professionnelle, au détriment de toutes mes autres priorités, je travaillais 90 heures par semaine, mon but était de dépasser le salaire de mon mari… » Ainsi, elle se rendait disponible en tout temps pour ses clients, son équipe.

« Un moment donné, j’ai réalisé que je n’étais pas un pompier, pas besoin de répondre dans la minute. » Elle s’est donc dégagée de cette pression d’être parfaite, de répondre instantanément et a appris à mieux gérer son temps pour aller à l’essentiel. Elle s’est allégé l’esprit.

« Je suis tellement reconnaissante envers mon corps de m’avoir suivie et de ne pas m’avoir lâché même à mon maximum. »

Essayer… en attendant

À 315 livres, Mélanie se trouvait belle, mais elle savait pertinemment qu’elle devait changer ses habitudes de vie. Cette évidence prenait de plus en plus de place dans son esprit, malgré son succès fulgurant dans son travail au sein du groupe Tupperware.

Elle sentait que son poids, des boulets inutiles comme elle le dit si bien, la ralentissait. Pour jouer aux legos au sol avec son fils, elle devait balayer la pièce du regard pour repérer un appui pour se relever. Lorsque la famille se préparait à aller au parc, Mélanie s’inventait des excuses pour ne pas y aller, comme une brassée de lavage, ramasser la cuisine, par exemple. « Et j’y croyais », ajoute-t-elle avec détachement, comme si elle parlait d’une tout autre personne, d’une autre vie. Avec les années, Mélanie a tenté sa chance avec plusieurs programmes d’amincissement, des diètes, sans succès. « Mais c’est comme mettre un “plaster” sur une plaie. Ça ne règle pas le problème. Ça me prenait une solution à long terme. »

« La perte de poids, ce n’est que le résultat visible de ce qui est changé dans ma tête. »

En attente d’une chirurgie bariatrique, elle tombe sur une annonce d’un entraîneur sur les réseaux sociaux, Marc-André Seers. « Il a aidé quelqu’un que je connaissais et j’aimais la façon dont il parlait d’elle, avec respect et bienveillance, il était fier de son cheminement et de sa transformation », raconte-t-elle. Le coach proposait un mode de vie, et non une diète restrictive temporaire.

Son plus gros défi? D’y croire. Mélanie avait essayé tellement de choses qu’elle embarquait dans l’aventure à reculons. « Longtemps, j’ai été en résistance, j’avais des entraînements à faire et ça ne me tentait pas du tout », rigole-t-elle. Dans les premiers temps, elle marchait. Des kilomètres. « Je n’étais pas très douée en éducation physique, je ne croyais pas que je pouvais être bonne là-dedans. » Toutefois, elle respectait le volet nutritionnel du coach, ce qui lui a permis d’obtenir des résultats. « Comme je marchais et je mangeais bien, j’ai éliminé mon poids. Je ne dis pas perdu, parce que je ne veux pas le retrouver », affirme l’entrepreneure. Par la suite, en prenant de l’assurance, elle a ajouté le TRX et les poids libres à son quotidien. Le tout, du confort de son garage, aménagé en salle d’exercice.

Aujourd’hui, fière de sa persévérance, elle profite d’un confort dans un siège au cinéma, d’une virée en manège avec les enfants, d’une seule ceinture de sécurité en avion, et bien plus encore. Toutes des petites choses anodines, mais oh combien humiliantes autrefois. Mélanie célèbre ces petites victoires au quotidien et se rappelle son progrès pour ne pas retourner en arrière.

« Il ne faut pas regarder la montagne, il faut juste regarder les pas, et tu les fais, sans te poser de questions. »

Le strict minimum

Bien que Mélanie a réussi à éliminer plus de 150 livres, son besoin de légèreté et de liberté, lui, s’élargissait. « Ce n’était pas seulement le poids qui m’oppressait, mais aussi tout le matériel dans la maison, l’encombrement visuel… » Elle se souvient que sa mère lui avait souvent recommandé d’épurer son environnement. « Tu vas voir, ça respire », qu’elle lui disait. Mélanie a commencé graduellement à photographier des articles, que sa mère a mis en vente par la suite sur différentes plateformes web. « J’ai sorti environ 60 % du matériel de la maison, à commencer par mes vêtements », raconte celle qui est passée de la taille 38 à la taille 8. En vendant ses articles désormais inutiles, elle a réussi à se libérer de dettes qu’elle traînait depuis trop longtemps. Mélanie a développé un amour pour le minimalisme. Et le concept s’applique jusqu’à la garde-robe. Il n’est pas rare aujourd’hui que la jeune femme de 41 ans emprunte des vêtements à des amies plutôt que d’aller en acheter des nouveaux et remplir la carte de crédit. « Il y a toujours d’autres options. »

Du coq-à-l’âne

Ce que tu te dis quand la journée va mal :
Tout passe.

Ta réaction devant une pâtisserie :
Est-ce que ça fit dans mon plan aujourd’hui?

La chanson qui te motive à bouger :
Je suis une grande fan de Glee, ou les vieilles chansons d’ABBA.

Ton plus grand rêve :
Arriver à équilibrer mes priorités de vie et le faire naturellement.

Complète la phrase :
La vie, c’est… une belle opportunité.

2 Commentaires
  1. Magnifique article. Court, mais qui en dit long. J’ai la chance de connaître cette belle Mélanie dont il est question dans l’article. Vous la décrivez bien. Sa personnalité respire le bonheur et la simplicité. Elle est un exemple pour son entourage et, je l’espère pour vos lectrices, lecteurs.

  2. Félicitations Mélanie pour tout ton cheminement et ta perte de poids, tu as toujours été Belle en dedans et à l’extérieur mais souvent joué au yoyo avec ton poids.. Je te souhaite tout le bonheur possible et merci pour ton article qui fait du bien.
    Ginette Renaud (mère de J.F.)

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