Repartir à zéro à l’étranger

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Repartir à zéro à l’étranger
Emanuelle Lapointe

« Là j’ai mon appartement, ma voiture. J’ai deux chez-moi. Quand je dis home sweet home, c’est Vaudreuil, mais quand je pars en vacances, j’ai hâte de retrouver mon petit coin de pays. »

Repartir à zéro à l’étranger
Emanuelle Lapointe

« Emma a les fesses dans le sable avec une margarita, mais non, on travaille très fort, on a une seule journée de congé par semaine et c’est pour l’épicerie, le ménage, les commissions… »

Repartir à zéro à l’étranger
Emanuelle Lapointe

Près de sept ans que la belle brunette de Vaudreuil-Dorion a quitté les siens pour s’envoler vers la destination touristique par excellence.

Emanuelle Lapointe

Depuis presque sept ans, Emanuelle vit à Cancún, plus précisément à Playa del Carmen. Près de sept ans que la belle brunette de Vaudreuil-Dorion a quitté les siens pour s’envoler vers la destination touristique par excellence.

Ceux qui y sont déjà allés peuvent le confirmer, il s’agit d’un endroit paradisiaque, surtout pour les adeptes de mers cristallines et de sable chaud.

Si c’est le travail qui l’a amenée à partir à l’aventure dans un autre pays, c’est plutôt une douloureuse rupture qui l’a convaincue de changer d’air. La jeune femme travaillait dans les bureaux administratifs de Vacances Air Canada, au centre-ville de Montréal lorsqu’une occasion s’est présentée. « C’est ma cousine qui m’a appelée et qui m’a dit qu’il y avait un nouveau poste… », explique-t-elle, précisant que tout est arrivé au bon moment. « Tu sais, quand on dit que tout arrive pour une raison », ajoute-t-elle, laissant sous-entendre qu’elle ne vivrait pas son bonheur actuel, au Mexique, si ce n’était pas de sa grande blessure au cœur il y a quelques années.

Son employeur s’est donc chargé d’obtenir son visa de travail, ne laissant à Emanuelle que le soin de plier bagage pour de bon. En effet, la nouvelle célibataire venait de signer un contrat permanent. « C’était, tu prends tes valises, tu t’en vas et tu recommences. » Elle ignorait alors la durée de son expérience à l’étranger. Sans attentes et plus rien à perdre, elle a donc sauté à pieds joints dans cette nouvelle vie, éblouie par l’espoir et une douce naïveté. « Début vingtaine, le cœur brisé, quatre valises et on repart à zéro », s’est-elle dit à l’époque.

« J’ai ma sauce à poutine, ma mayonnaise Hellman’s, j’ai quasiment tout ce que je veux ici, à part le fromage en grains! »

Le bonheur des uns…

L’annonce de son départ pour une durée indéterminée n’a pas fait l’unanimité auprès des proches d’Emanuelle. « Mes parents étaient un peu déçus de ma réaction, ils pensaient que je fuyais mes responsabilités. J’ai été longtemps avec mon ex et la séparation a été douloureuse, donc pour eux, c’était une façon de m’échapper de la réalité », soutient-elle. De plus, étant fille unique, son déménagement à des milliers de kilomètres a créé tout un émoi pour ses parents. « Ç’a été une décision que j’ai prise pour moi, et c’était une des premières fois que je faisais ça dans ma vie. Ça m’a fait du bien! »

Et celle qui se décrit comme une fille de groupe a également dû affronter ses amies de longue date. « La plupart étaient contentes pour moi, mais il y en a encore qui me boudent parce que je suis partie », raconte-t-elle. D’un autre côté, d’autres de ses amis avaient déjà accepté des offres d’emploi similaires et vivaient à l’étranger. « Je les enviais, je trouvais qu’ils avaient eu du guts de faire ça, et je ne pensais pas avoir le guts de le faire aussi. »

Or, après un an, elle a décidé de retourner à la maison, car sa famille lui manquait. De plus, la charge de travail et les responsabilités de la vie adulte ont quelque peu déstabilisé la jeune femme, qui a réalisé à son retour qu’elle n’était pas tout à fait prête à faire le grand saut. « Partir, c’est plus facile que revenir! »

Six mois après son retour, une nouvelle occasion s’est présentée et Emanuelle a accepté un contrat en République dominicaine, toujours pour la même compagnie. Elle y a travaillé pendant un an avant de recevoir un appel de son ancienne patronne au Mexique. On lui offrait de revenir à Cancún, une proposition difficile à refuser puisqu’elle et ses collègues allaient perdre leur emploi.

Une adaptation

« La première année, ç’a été difficile. J’avais eu un cours d’espagnol à l’école donc j’avais une base » confie celle qui s’est d’abord fait comprendre avec des signes de mains et des photos sur son téléphone.

En matière de vie sociale, Emanuelle confie avoir mis du temps à se bâtir un nouveau réseau. « On travaille six jours par semaine, et on doit être disponibles 24 heures par jour, sept jours sur sept. Alors quand on est dédié au travail, c’est difficile de se faire un cercle d’amis » explique la Vaudreuilloise d’origine, tout en ajoutant qu’elle a passé ses premiers mois devant Sex and the city à se morfondre, blessée par sa séparation. Par la suite, ses collègues de travail sont devenus des amis.

Son adaptation en République a été bien différente de sa première expérience au Mexique. Plus ouverte aux nouvelles rencontres et hébergée dans un complexe hôtelier tout inclus, elle n’avait pas à cuisiner ou faire sa vaisselle, par exemple. Sa situation lui a laissé plus de temps libre pour faire connaissance avec les employés et les Dominicains.

« Ensuite, une fois que j’étais ouverte aux rencontres, les amitiés venaient toutes seules, même au retour au Mexique » se souvient la superviseure à destination.

El amor

Emanuelle a aussi trouvé l’amour au Mexique. Qui ne tomberait pas sous le charme d’une jeune et jolie Québécoise, ambitieuse, débrouillarde et épanouie?

Un séduisant jeune homme, aussi passionné par le domaine du tourisme, a attiré son attention, un soir de sortie entre amis, il y a quatre ans. « On avait des amis en commun donc on s’est rencontrés dans un bar. Je ne dirais pas que c’était le coup de foudre, mais il y avait de l’électricité dans l’air, et on ne s’est jamais lâchés depuis. » Ils ont donc dansé toute la soirée, puis sont sortis manger des tacos au petit matin. L’univers tenait définitivement à leur union, car le couple était destiné à se rencontrer, d’une façon ou d’une autre. En effet, les célibataires de partout dans le monde ont recours à la technologie pour rencontrer l’être cher. Emanuelle et Jesus ne font pas exception. « Le premier contact s’est fait à partir des réseaux sociaux, mais on s’en est rendu compte trois ou quatre jours après notre rencontre! »

« Emma a les fesses dans le sable avec une margarita, mais non, on travaille très fort, on a une seule journée de congé par semaine et c’est pour l’épicerie, le ménage, les commissions… »

La vie de banlieue mexicaine

La Mexicaine d’adoption habite en banlieue, à une dizaine de minutes de voiture du centre-ville de Playa del Carmen. « C’est vraiment un quartier sécuritaire. Pour entrer chez moi, il y a deux portes de sécurité. On est une petite communauté de townhouses, dans le centre il y a une belle piscine creusée avec une petite maison pour faire des partys, il y a des palmiers partout, c’est propre », décrit-elle, le sourire dans la voix.

Toutefois, à l’instar de toutes les grandes villes, des quartiers avoisinants hébergent la violence, une nouvelle guerre de cartels ayant émergé plus tôt cette année. Mais Emanuelle se veut rassurante, car elle sait qu’elle demeure en sécurité si elle s’en tient aux secteurs qu’elle connaît.

« Là j’ai mon appartement, ma voiture. J’ai deux chez-moi. Quand je dis home sweet home, c’est Vaudreuil, mais quand je pars en vacances, j’ai hâte de retrouver mon petit coin de pays. »

À quand le retour?

Emanuelle ne s’en cache pas, elle aimerait un jour revenir au bercail. « Mais si je reviens au Canada, je ne reviendrais probablement pas à Vaudreuil. J’aimerais peut-être découvrir autre chose, comme Vancouver », confie-t-elle. Heureusement, son conjoint travaille dans le même domaine, pour Transat, et est animé par cette même passion pour le voyage. « Et les deux, on parle trois langues, français, anglais et espagnol alors ça ouvre des portes. »

Cette année, Emanuelle a pu retourner quatre fois à la « maison ». Est-ce que l’avenir lui réserve un retour permanent auprès de ses parents? Emma, comme ses proches la surnomment, admet que la seule raison d’y emménager officiellement serait la venue d’un bébé. « J’aimerais avoir ma mère, l’accès à l’éducation franco-canadienne, les services de santé qui sont plus abordables… »
Pour le moment, le mieux pour sa carrière reste au chaud, au Mexique. « C’est ici que sont mes possibilités d’avancement », conclut-elle.

Chose certaine, Emanuelle Lapointe vit son rêve, sa passion, grâce à sa profession. D’ailleurs, elle n’hésite pas à encourager les gens qui souhaitent secrètement vivre l’expérience à se lancer. « Il y a beaucoup de choses dans la vie qu’on ne fait pas parce qu’on a peur, peur du vide, peur de l’inconnu, peur de ne pas savoir comment réagir. Mais au pire, si ça ne fonctionne pas, tu reviens, comme j’ai fait. Tu vas avoir vécu une expérience extraordinaire. On grandit beaucoup dans tout ça. »

Crédit Photo : Click Corona Photographie

2 Commentaires
  1. Emma, Belle Emma. Ce texte m a touché beaucoup. Heureuse de te connaitre plus par ce texte. En espérant en jaser en sirotant une cerveza. Bravo grande femme. Isabelle xx

  2. La fille de ma nièce est fantastique tout comme sa mère.Je te souhaite beaucoup de bonheur et de succès je crois que tu peux accomplir tout ce que tu veux.Je t’aime et je t’embrasse au plaisir de te voir un de ces jours

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