Le dernier cadeau

Il y a de ces moments, de ces expériences qui marquent une vie… Qui marquent une vie d’une façon si unique et si authentique qu’ils sèment pour toujours une étincelle à l’intérieur de soi.

Ce moment qui arrive comme une tempête, un tsunami n’offrant comme seule option, que de s’accrocher, de se serrer les uns contre les autres pour essayer de se sortir de cette gigantesque bourrasque en se protégeant du mieux qu’on peut. Ce moment où la vie bascule, se bouscule. Ce moment où nous ressentons le
besoin viscéral de vivre l’instant présent à fond, de savourer chaque seconde. Ce moment où tout devient secondaire et où la vie prend tout son sens… Ce moment où l’armure est mise de côté et où chacun vit ensemble un degré d’intimité si intense que même la pudeur des sentiments décide de prendre congé.

J’ai donc déposé mon armure, le temps d’un week-end pour accompagner un homme que j’aime comme un second père. Un homme qui a su m’accepter comme sa deuxième fille, un homme pour qui les mots, les conversations passaient maintenant par des bouts de papier échangés, comme si écrire nous laisserait une trace, une pensée à quoi se raccrocher une fois qu’il nous aurait quittés… Un homme dont la présence dans ma vie a été un véritable cadeau, un précieux privilège.

Monsieur Moquin, vous m’avez offert un dernier cadeau avant votre départ… Celui de vous accompagner, de vous tenir la main, de pouvoir poser ma tête sur votre épaule, de passer du temps seule avec vous pour vous dire à travers mes larmes que je vous aime et que vous alliez me manquer. C’est aussi ce dernier cadeau qui m’aura donné le privilège d’être là pour votre fils (car vous savez à quel point il a été présent dans le moment le plus dur de ma vie), de vivre ces instants précieux avec lui, là, et au moment où le mot amour prend tout son sens. Comme si vous vous étiez assuré de nous préparer, nous aussi, à votre départ, comme si vous aviez une dernière mission à accomplir, celle de permettre à chacun de vous dire au revoir, de dire ce qui devait être dit, de faire ce qui devait être fait. De boucler la boucle, celle de la vie, celle de votre dernier cadeau.

Monsieur Moquin, que ce baiser d’étincelles arrive jusqu’à vous.

Je vous aime,
Marie xx

Marie-Andrée Prévost,
Propriétaire-éditrice

1 Comment
  1. Wow, toutes les émotions véhiculées dans cette belle lettre, je les ai vécu en te lisant ma belle Marie-Andrée. C’est très beau. Très bel hommage à ton beau-papa.
    Toutes nos condoléances. Bonne continuité.

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