Prendre le temps de s’arrêter

6 h 14 mardi matin le 29 mai. Je suis stressée, car ce magazine doit être sur les presses à 10 h ce matin et mon équipe attend après mon éditorial. Bien que j’apprécie partager mes pensées avec vous, je trouve toujours difficile de trouver le bon angle ou le bon sujet qui saura vous intéresser sans tomber dans le piège du JE/ME/MOI nombrilisme… J’ai toujours aimé cultiver la discrétion sur ma vie privée alors écrire chaque mois une tranche de moi m’amène hors de ma zone de confort, mais j’accepte avec le sourire cet état de fait puisque comme le dit si bien Pierre Lavoie : « C’est dans l’inconfort qu’on devient plus fort. »

Sommes-nous tous drôlement faits ou bien suis-je la seule à faire (parfois) un usage abusif de la procrastination? Autant dans la plupart des sphères de ma vie, je prends habituellement le taureau par les cornes, autant quand vient le temps de parler de moi, d’exprimer ce que je ressens ou mes besoins, mon Dieu que je suis mal équipée et que je n’en fais pas une priorité… Est-ce la peur du jugement, du rejet, du regard des autres qui motivent ce besoin de protection? Je ne sais pas. En fait oui, je sais. Cultiver la discrétion sur ma vie me permet de me mettre à l’abri de la mesquinerie et du jugement gratuit. Dans un monde où le potinage et l’envie sont Rois, vouloir se tenir à l’abri est la réaction de plusieurs d’entre nous… Mais est-ce la bonne réaction? J’en doute fort… De se retenir de partager ce que l’on vit ne permet-il pas justement à ces mesquins jugeurs de vie des autres de continuer de faire ce qu’ils font? Ou bien devrions-nous pas au contraire partager nos fiertés, nos états d’âme en prenant le risque d’être jugés, mais en acceptant aussi de montrer aux autres notre vulnérabilité, notre humanité? Car la vulnérabilité est j’en suis convaincu présente dans chacun d’entre nous, mais dans une société de performance comme la nôtre, EXIT cette facette qui humanise les Superwoman et Superman que nous sommes…

Mine de rien, insidieusement, nous montrons uniquement ce que nous voulons que les autres voient. Nous ne montrons pas qui nous sommes, mais bien l’image que nous voulons que les autres aient de nous… Pourquoi? Je n’en sais rien, mais je peux que penser que cela doit manifestement teinter nos relations que nous entretenons avec autrui. L’être humain est tristement passé maître dans l’art du : « Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ».

Malgré ma peur de montrer ma vulnérabilité, je m’efforce d’évoluer dans cette facette de ma vie. Et oui, ayant depuis un bout délaissé les lectures plus spirituelles pour me consacrer aux lectures business, je suis revenue à des lectures plus inspirantes. J’ai découvert et dévoré Le guerrier pacifique et Le retour du guerrier pacifique de l’auteur Dan Millman. Deux livres qui ont croisé ma route au bon moment. Deux livres qui m’ont fait réfléchir sur notre course effrénée sur terre, notre rapport malsain à notre mental et notre égo et sur l’importance de vivre dans le moment présent… C’est accepter que notre parcours ne ressemble en rien à celui d’un autre, car chacun a à vivre sa propre évolution, son propre chemin de vie.

C’est ainsi que je dois maintenant comprendre et accepter que la peur de montrer ma vulnérabilité et la peur d’être jugée n’est seulement un mirage de mon mental, de mon égo pour m’empêcher de m’accepter tel que je suis avec mes nuances de doutes, d’ombres et de lumières qui me sont propres.

La partie n’est pas gagnée d’avance, mais je me dis qu’en m’ancrant dans le moment présent, je me donne une véritable chance d’en apprécier chaque moment afin de me permettre de garder le focus sur ce qui est vraiment important : LE ICI ET MAINTENANT. Car on ne peut changer le passé, on ne peut prédire l’avenir, mais on peut assurément influencer le moment présent…

Marie-Andrée Prévost,
Propriétaire-éditrice

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