Destination Sénégal

Chaque mois, on découvre une destination à travers les yeux d’une adepte du voyage. Ce mois-ci, Ginette Morin fait un voyage humanitaire au Sénégal.

Dès l’âge de 12 ans, je rêvais d’aller en Afrique rejoindre les religieuses missionnaires. Elles venaient nous rendre visite à l’école. Je les trouvais magnifiques dans leur costume bleu et blanc. Elles vendaient des cartes au coût de 25 sous chacune. Elles nous disaient que c’était pour parrainer un enfant.

Mon rêve s’est réalisé en 2010. Je prenais alors des cours de djembé avec un musicien sénégalais dans un groupe de sept personnes. Un jour, notre professeur a organisé un voyage dans son coin de pays. Dès l’instant où il a parlé du projet, j’ai dit oui même si je n’avais pas encore l’argent nécessaire pour le voyage. Puis, l’Univers a tout mis en place pour me faciliter les choses. Le 21 mars 2010, je prenais l’avion pour la première fois en direction de Dakar, au Sénégal. Dès mon arrivée, et malgré l’inconnu, je me sentais tellement bien là-bas que j’avais l’impression d’y avoir déjà vécu. Comme si je revenais à la maison…

Au cours de mon séjour, j’ai visité une école. Je suis tombée en amour avec les enfants qui la fréquentaient. J’ai discuté avec un professeur du nom de Moussa. Je lui ai demandé si je pouvais faire quelque chose pour l’aider. Il m’a dit : « C’est gentil de ta part. Tu sais, nous manquons de tout. » C’est à partir de ce moment-là que l’aventure a commencé. Je savais au plus profond de moi-même que je pouvais apporter ma contribution, en me retroussant les manches et en allant à la rencontre des gens pour connaître leurs besoins.

Depuis que j’ai fait ce choix, l’aide vient à moi de tous les côtés. Sachez que rien ne se perd au Sénégal. Tout ce que j’envoie pour donner trouve preneur et fait des heureux. J’aurais peur d’en oublier si j’essayais de vous nommer tous mes bienfaiteurs. Ils sont trop nombreux. Il y a mon ami pharmacien, qui chaque année me remet une grosse boîte contenant des pansements, des serviettes hygiéniques, des condoms, du shampoing, du savon, des produits de première nécessité, etc.

« Je savais au plus profond de moi que je pouvais apporter ma contribution en me retroussant les manches et en allant à la rencontre des gens pour connaître leurs besoins. »

Il y a également mon ami dentiste, qui m’approvisionne en brosses à dents et en dentifrice. Puis, il y a la propriétaire d’une boutique de jouets qui m’a remis une cinquantaine de peluches et poupées pour les petits. Grâce à l’immense générosité d’un autre propriétaire de boutique, j’ai aussi pu acheter 180 sacs d’école à un prix minime. Je n’aurais pas pu me permettre d’en acheter autant sans la réduction. Aussi, il n’est pas rare qu’on sonne à ma porte pour me remettre un ou des sacs bien remplis. Tous ces dons me sont indispensables, merci. C’est ça, la force d’une équipe – sans laquelle je ne pourrais rien faire.

Avant un départ pour le Sénégal, j’envoie des boîtes par bateau. Ainsi, tous les biens que je veux distribuer sont sur place dès de mon arrivée. Quatre ou cinq semaines sont nécessaires pour que les boîtes atteignent leur destination : Dakar. Cette année, j’ai battu mon record. Grâce à la générosité de mes précieux donateurs, j’ai pu expédier 28 boîtes.

Parfois, la nuit, je fais de l’insomnie. Plutôt que de me retourner dans mon lit, je me lève. Je me rends dans mon garage pour faire le tri des vêtements et remplir une boîte de plus. J’ai de l’énergie à revendre! Je ne compte pas les heures que j’investis dans cette belle aventure. Pour chaque article que je mets dans la boîte, j’imagine le visage de la personne à laquelle je vais le remettre. Et je peux voir le sourire des enfants…

Mon fidèle ami, Saliou Fall, un Sénégalais qui n’a jamais mis les pieds au Québec, est mon bras droit. Il m’accompagne depuis le début de l’aventure. De plus, il est mon garde du corps lorsque je vais dans la grande ville. Je peux compter sur lui en tout temps. Il est travaillant et il prend à cœur tous mes projets pour aider les plus démunis. Merci, Saliou.

J’aime ce que je fais. Je me sens utile. Je sais que je suis à ma place quand je croise le regard de mes amies sénégalaises à qui j’apporte un peu de joie. Les femmes déploient des efforts extraordinaires de débrouillardise pour bien s’occuper de leur famille malgré souvent une grande pauvreté. Je prends beaucoup de photos et je fais beaucoup de vidéos, car j’aime montrer aux gens ce que je fais avec les choses qu’ils m’ont données. La variété de souvenirs que je garde en tête me suit partout. L’un d’eux me remémore le bien-être que je ressens lorsque je déguste entre amis un bon poulet yassa ou un poisson au riz — un de mes moments favoris. Je comprends que l’on dise que l’Afrique est le berceau du monde. Chaque visite, j’y renais. C’est la première fois de ma vie que ma tête et mon cœur sont vraiment en harmonie. J’y suis si bien que chaque fois, j’ai l’impression de revenir à la maison.

J’ai travaillé 34 ans dans un centre d’accueil pour prendre soin des personnes âgées. J’ai pris ma retraite il y a cinq ans. À ma dernière journée de travail, avant de franchir la porte pour la dernière fois, j’ai dit au Seigneur : « Je vous demande d’avoir une bonne santé et une belle retraite. Prenez bien soin de moi. » Et je suis sortie. Je peux vous assurer que ma demande a été entendue. Je suis heureuse et en santé. C’est un cadeau inestimable. Je veux continuer à aider tant que je pourrai le faire. J’ai d’ailleurs l’intention d’augmenter le temps de mon séjour au Sénégal chaque année.

Il y a trois ans, ma belle-sœur Louise, qui est malheureusement décédée, et son amie Doris m’ont accompagnée. Louise et moi avions payé pour faire installer l’électricité à l’école. Maintenant, les enfants peuvent avoir des copies imprimées pour faire leurs travaux.

Au village, il n’y avait pas de poulie pour remonter les chaudières d’eau du puits. Les femmes se blessaient les mains. Doris a acheté une poulie et depuis, le soir, une femme l’emporte chez elle pour ne pas que quelqu’un vienne la voler durant la nuit.

La première année que je suis allée à Dakar, nous avions rencontré Rama, une femme sénégalaise de cœur, authentique, courageuse, travaillante et qui fait tout ce qu’elle peut pour assurer la survie de ses six enfants. Depuis, quelques amies et moi payons pour que ses enfants puissent aller à l’école. L’instruction, c’est la seule façon d’augmenter leur estime d’eux-mêmes et de leur assurer un avenir meilleur.

Lors de ma dernière visite, j’ai remarqué que trois de ses enfants couchaient sur un vieux matelas sale. Avec le soutien de mes amies, j’ai pu faire construire aux petits un lit superposé très solide. Quand le lit est arrivé, les enfants étaient si contents qu’ils voulaient passer la journée au lit. Cette année, un autre lit sera construit grâce à l’aide de mon mari, Daniel.

En 2014, j’ai eu le grand bonheur que mon fils Frédéric m’accompagne. Il était génial avec les enfants qu’il rencontrait partout sur son chemin. Il aidait les pêcheurs le matin à pousser leurs pirogues à l’eau. Il s’intéressait particulièrement aux petits talibés de jeunes enfants mendiants. Toute une fierté pour une maman!

Cette année, j’ai pris sous mon aile une jeune fille de 19 ans qui m’accompagne pour trois semaines : Katherine Lauzon, de Les Cèdres. Elle adore les enfants et a été d’une aide précieuse pour partager tous les cadeaux aux enfants. Je sens qu’elle a déjà la piqûre de l’aide humanitaire. Il n’y a pas d’âge pour commencer. Bravo, Katherine!

Le bénévolat est le meilleur moyen d’apprendre et d’échanger avec tous les humains de la terre.

Je suis partie au Sénégal le 30 mai dernier. Mes boîtes étaient arrivées là-bas, et j’avais déjà hâte d’aller en faire la distribution avec mon ami Saliou.

Si vous aimeriez vous joindre à moi, un jour, téléphonez-moi. Je partagerai mon expérience et mes photos avec vous. Ensuite, c’est certain, vous aurez envie de monter avec moi dans l’avion qui va vers le pays de l’amitié.

Merci de tout cœur!

Ginette Morin – 514 928-2127

1 Comment
  1. Salut Ginette
    Quel merveilleux documentaire. J’ai été très touchée. Je pars le 3 mars avec toi et je te dis que j’ai bien hate de vivre cette aventure. Moi aussi j’ai le cœur sur la main. Je me trouve très chanceuse de vivre ici au Qc et je suis certaine que quand je serai là au Sénégal je vais vivre ces 2 semaines d’une toute autre facon. Donc ma chère Ginette BRAVO pour tout tes efforts et je vais t’encourager.
    Amicalement
    Grace

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