Le respect de la tradition

En 2017, les couples ressentent-ils toujours le besoin de s’unir à l’église, devant Dieu? Le font-ils pour les mêmes raisons que nos ancêtres?

Certes, les églises demeurent des établissements architecturaux d’une grande beauté. On en tire de sublimes clichés des mariés. Or, les couples qui choisissent de s’épouser à l’église ont bien réfléchi, ont évalué toutes leurs options. Et ils sont encore nombreux à se dire oui devant l’autel, même si le chiffre est en déclin depuis des décennies. En 2016, au Québec, ce sont 9011 mariages religieux qui ont été célébrés.

« Le mariage suit des courbes de société, tant au niveau de l’économie, de la politique… », raconte l’abbé Normand Bergeron, curé à la basilique-cathédrale Sainte-Cécile de Salaberry-de-Valleyfield. « Toutefois, les couples qui le font le font de façon très intense… Ils le font en s’impliquant intensément. » Selon l’homme de foi, les futurs époux ne préparent pas seulement la réception, la décoration, mais ils accordent également du temps à la préparation de la célébration. Les couples lisent attentivement les textes qui leurs sont proposés. Ils les comprennent et les choisissent selon le message qu’ils souhaitent transmettre à l’être aimé, selon leurs valeurs et leurs croyances profondes.

De génération en génération

De nos jours, les gens peuvent s’unir de plusieurs façons, dans divers endroits. Et personne ne les pointe du doigt s’ils décident de vivre en union libre. On ne juge plus un couple qui élève ses enfants sans être marié. Le mariage devient une sorte de confirmation de l’amour, une preuve devant témoins que cet amour est devenu significatif. Normand Bergeron ajoute qu’il rencontre encore plusieurs couples qui souhaitent s’unir avant de fonder une famille, telle que le veut la tradition. Bien que certains d’entre eux se tourneront vers d’autres possibilités… « Aujourd’hui, les options sont larges, on peut le faire avec un célébrant sur une plage en Jamaïque… », cite-t-il en exemple.

Au fil des ans, l’Église a dû s’adapter, démontrer une certaine ouverture envers ses fidèles afin de conserver leur confiance. « Je remarque une certaine souplesse, une ouverture qui favorise un dialogue pastoral », confie l’abbé Normand Bergeron. Cette flexibilité contribue certainement à la volonté des couples de poursuivre la tradition familiale. D’ailleurs, il s’agit là d’une des principales raisons pour lesquelles les Québécois choisissent la maison de Dieu encore aujourd’hui. « Ce sont des racines qu’ils ont reçues… », précise-t-il.

Qu’en est-il du remariage à l’église?

Une personne divorcée qui tient toujours à ses valeurs peut certainement trouver réconfort et soutien auprès de l’Église, mais ne pourra pas s’y marier à nouveau. Normand Bergeron souligne toutefois que les documents produits à partir du synode laissent entrevoir une ouverture de ce côté. « L’Église a quand même une compassion, il n’y a plus de jugement. »

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